Prospecter les opticiens : savoir qui décide avant de composer le numéro
Derrière des vitrines qui se ressemblent, un magasin d’optique peut appartenir à son opticien, à un associé de coopérative, à un franchisé ou à une enseigne nationale. Le tri se fait avant l’appel ; l’opticien, lui, se joint assez bien en semaine.
Visio de 30 minutes avec Alexis. Réponse sous un jour ouvré.
Qui décroche, et qui décide
Avant le premier appel, il faut savoir qui filtre et qui signe.
- L’opticien indépendant
- Diplômé, souvent seul ou avec un ou deux salariés, il décide de tout : fournisseurs de montures et de verres, logiciel métier, agencement, communication, adhésion à un groupement d’achat. Il est en magasin, à l’atelier ou en examen de vue.
- L’associé d’une coopérative
- Dans les enseignes coopératives, chaque magasin appartient à un opticien associé, qui reste chef d’entreprise. La centrale négocie les verres, les montures et la communication nationale ; l’associé décide de son magasin, de son équipe et d’une partie de sa présence locale.
- Le franchisé ou le directeur de succursale
- En franchise, l’enseigne fixe l’essentiel des fournisseurs et des outils ; le franchisé garde le recrutement et l’animation locale. En succursale, le directeur de magasin applique : la décision se prend au siège, qui se prospecte comme un grand compte.
- Le dirigeant de plusieurs magasins
- Un opticien qui exploite deux à cinq magasins sur un bassin a des sujets de groupe : planning des équipes, stock partagé, présence de chaque magasin sur sa commune. C’est souvent le meilleur interlocuteur du segment.
Ce métier fait partie des commerces locaux. Ce qu’ils ont en commun, l’heure où l’on décroche, le cadre et les chiffres du marché, est sur la fiche prospecter les commerces de proximité.
Les signaux qui disent que le moment est bon
Avant de composer un numéro, la donnée dit déjà beaucoup. Voilà ce qui décide de qui appeler, et quand.
- Ouverture d’un deuxième magasin, ou reprise d’un magasin existant par un jeune diplômé, visible au BODACC.
- Changement d’enseigne, ou sortie d’un réseau pour redevenir indépendant : fournisseurs, logiciel et identité changent en même temps.
- Ajout d’un espace audition ou d’une salle d’examen de vue dans le magasin.
- Magasins d’un même dirigeant qui ne sortent pas chacun sur leur commune dans une recherche « opticien + ville ».
- Fiche Google sans prise de rendez-vous pour l’examen de vue, ou horaires du samedi faux.
- Offre d’emploi d’opticien diplômé qui reste ouverte plusieurs semaines.
Chaque entreprise vient avec son SIREN.
Le marché en chiffres
- 44 200
- opticiens en activité au 1er janvier 2024Source : DREES, Démographie des professionnels de santé au 1er janvier 2024 (décembre 2024)
- +28 %
- de défaillances au 4e trimestre 2025 dans le commerce de soin de la personne et d’optique, l’optique en têteSource : Altares, bilan 2025 des défaillances d’entreprises
- 2020
- le 100 % Santé s’applique à l’optique : chaque devis comporte au moins un équipement sans reste à chargeSource : Réforme 100 % Santé, en vigueur en optique depuis le 1er janvier 2020
Ce qu’il faut savoir avant d’appeler
Tout ce qui suit sert à écrire le Sales Playbook de la campagne, validé par écrit avant le premier appel.
Retours de campagne
Ce que les appels vers les opticiens ont montré, tel qu’on l’a observé au téléphone.
- Un magasin, une commune
- Pour une agence de référencement, les opticiens ont été ciblés parmi les réseaux locaux de deux magasins et plus. Avant chaque appel, une recherche « opticien + commune » par magasin : un réseau dont seul le magasin principal sort, les autres renvoyant à une page « nos magasins », offre un constat simple à partager au téléphone.
- La question du réseau en premier
- Sur les magasins sous enseigne, une seule question ouvre ou ferme l’appel : qui décide, du magasin ou de l’enseigne, sur le sujet de l’offre. L’associé d’une coopérative répond souvent qu’il gère seul sa présence locale ; le directeur d’une succursale renvoie au siège.
- Le milieu de matinée en semaine
- Les opticiens joints en milieu de matinée, du mardi au jeudi, sont souvent seuls en magasin, à l’atelier ou au rangement des livraisons, et prennent le temps de parler. Le samedi, l’appel n’aboutit pratiquement jamais.
Indépendant, coopérative, franchise, succursale
De l’extérieur, les magasins se ressemblent. Au téléphone, la personne qui décroche n’a pas du tout la même marge de décision selon le modèle auquel appartient son magasin. Les coopératives d’opticiens comptent parmi les plus grands réseaux du secteur, aux côtés des franchiseurs et de quelques enseignes intégrées.
| Indépendant | Coopérative ou franchise | Succursale | |
|---|---|---|---|
| Propriétaire du magasin | L’opticien. | L’opticien associé ou le franchisé. | L’enseigne. |
| Verres et montures | Libres, ou via un groupement d’achat. | Négociés par la centrale ou l’enseigne, avec une part de liberté variable. | Imposés. |
| Logiciel, site, outils | Choisis par l’opticien. | Souvent proposés ou imposés par le réseau. | Fournis par le siège. |
| Recrutement, présence locale | L’opticien. | L’associé ou le franchisé. | Le directeur, dans un cadre fixé. |
| Où se prend la décision | Au magasin. | Au magasin, pour ce qui n’est pas centralisé. | Au siège. |
La dénomination de la société exploitante, dans la base SIRENE, diffère presque toujours de l’enseigne affichée. Un magasin exploité par une société locale relève de l’indépendant, de la coopérative ou de la franchise ; un magasin rattaché au SIREN d’une société nationale est une succursale, et l’appel au magasin ne mène nulle part si votre offre se décide au siège.
Une profession de santé derrière un comptoir
L’opticien-lunetier exerce une profession de santé réglementée par le code de la santé publique : il faut un diplôme pour délivrer des verres correcteurs, et un magasin d’optique doit être dirigé ou géré par un opticien diplômé. La DREES dénombrait 44 200 opticiens en activité au 1er janvier 2024.
Depuis 2016, l’opticien peut, sous conditions, adapter une ordonnance en cours de validité et réaliser lui-même l’examen de réfraction. Beaucoup de magasins ont aménagé une salle d’examen et prennent des rendez-vous, ce qui en fait des clients naturels pour les logiciels de prise de rendez-vous, les fabricants d’équipements de réfraction et les organismes de formation. Les magasins qui ajoutent un espace audition, avec un audioprothésiste, élargissent encore leurs besoins : prise de rendez-vous commune, dossiers partagés, équipe à former aux deux métiers.
100 % Santé et réseaux de soins
Depuis le 1er janvier 2020, la réforme du 100 % Santé oblige l’opticien à proposer, sur chaque devis, au moins un équipement sans reste à charge pour le patient. Une large part des ventes passe aussi par les réseaux de soins des complémentaires santé, qui conventionnent des opticiens et orientent leurs assurés vers eux. Tiers payant, devis normalisés et échanges avec les complémentaires pèsent dans le quotidien du magasin. Le conventionnement d’un magasin par un ou plusieurs réseaux de soins figure parfois sur son site ou sa vitrine, et il renseigne sur sa clientèle comme sur son volume.
Ces contraintes donnent des sujets concrets à un vendeur de logiciel métier ou de services de gestion. Elles encadrent aussi la marge du magasin, et donc sa capacité à investir : Altares relève une hausse de 28 % des défaillances dans le commerce de soin de la personne et d’optique au quatrième trimestre 2025, l’optique en tête.
Les achats d’un magasin d’optique
- Verres et montures, le plus souvent par une centrale ou un groupement d’achat.
- Logiciel métier : dossiers clients, devis normalisés, tiers payant, commandes de verres.
- Équipements d’atelier et d’examen : meuleuse, réfracteur, appareils de mesure.
- Agencement du magasin, vitrines, signalétique.
- Communication locale : site, fiche Google de chaque magasin, prise de rendez-vous en ligne.
- Recrutement d’opticiens diplômés, formation continue, assurance professionnelle.
Un indépendant arbitre tous ces postes ; un associé de coopérative ou un franchisé n’en arbitre qu’une partie, la centrale ou l’enseigne fixant le reste. Savoir lequel avant d’appeler évite de présenter au magasin une offre qui se décide ailleurs.
Quand appeler un opticien
- Du mardi au jeudi, en milieu de matinée : l’opticien est souvent seul ou avec une collaboratrice, à l’atelier ou au rangement des livraisons.
- Le lundi, beaucoup de magasins ferment ou n’ouvrent que l’après-midi.
- Jamais le samedi, qui concentre une grande part des ventes de la semaine.
- Prudence en décembre, quand les patients utilisent leurs droits de complémentaire santé avant la fin de l’année.
- Prudence aussi fin août et en septembre, quand les familles équipent les enfants pour la rentrée.
- Entre 12 h et 14 h dans les petites villes, où beaucoup de magasins ferment le midi.
Construire le fichier
La base SIRENE classe les magasins d’optique sous le code 47.78A, commerce de détail d’optique. Le travail utile vient ensuite : regrouper les magasins par SIREN et par dirigeant pour isoler les opticiens qui exploitent plusieurs points de vente sur un même bassin, écarter les succursales si l’offre se vend au magasin, vérifier pour chaque point de vente la fiche Google, la prise de rendez-vous en ligne et la présence d’un espace audition. Les magasins ouverts ou repris depuis moins de deux ans se repèrent par la date de création de l’établissement et par le BODACC.
Un opticien qui tient trois magasins dans trois communes voisines a besoin que chacun sorte sur sa commune. Une recherche « opticien + ville » montre en quelques secondes si c’est le cas, et fournit un constat vérifiable à citer dès la première minute de l’appel.
Questions fréquentes
Comment savoir si un magasin d’optique est indépendant ?
En comparant, dans la base SIRENE, la dénomination de la société exploitante et l’enseigne affichée. Une société locale signale un indépendant, un associé de coopérative ou un franchisé ; le SIREN d’une société nationale signale une succursale. Une question fermée en début d’appel confirme qui décide sur le sujet de votre offre.
Quel est le meilleur moment pour appeler un opticien ?
Du mardi au jeudi, en milieu de matinée. Le lundi, beaucoup de magasins sont fermés ; le samedi concentre les ventes. Décembre et la rentrée de septembre sont chargés, et dans les petites villes, de nombreux magasins ferment entre 12 h et 14 h.
Un opticien en coopérative décide-t-il seul ?
De son magasin, oui : il en est propriétaire et reste chef d’entreprise. Les verres, les montures et la communication nationale sont négociés par la centrale. Son équipe, son agencement, une partie de ses outils et sa présence locale relèvent de lui.
Combien y a-t-il d’opticiens en France ?
La DREES dénombrait 44 200 opticiens en activité au 1er janvier 2024, salariés compris. Le nombre de magasins se compte sur la base SIRENE, code 47.78A, par commune ; c’est ce décompte local, établissements fermés écartés, qui sert à cadrer une campagne.
Le 100 % Santé change-t-il quelque chose pour un fournisseur d’opticiens ?
Oui. Depuis 2020, chaque devis doit comporter un équipement sans reste à charge, ce qui pèse sur le panier moyen et sur les marges. La gestion du tiers payant et des échanges avec les complémentaires santé occupe une place importante au comptoir : c’est un terrain direct pour les logiciels et les services de gestion.
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Vous me dites ce que vous vendez et à qui. Je vous dis si le téléphone tient sur ce marché, et avec quelle formule.
Visio de 30 minutes avec Alexis. Réponse sous un jour ouvré.
Pour aller plus loin
Les autres métiers des commerces locaux ont leur page : prospecter les restaurateurs, prospecter les instituts de beauté, prospecter les coiffeurs, prospecter les boulangeries-pâtisseries et prospecter les fleuristes.
Ce qu’ils ont en commun est sur la fiche du marché : prospecter les commerces de proximité.
Les métiers qui vendent le plus naturellement à ce marché ont leur page : trouver des clients pour une agence SEO et la prospection SaaS B2B.
Avant d’appeler, deux lectures : ce que dit la loi sur la prospection téléphonique B2B, et combien d’appels il faut pour un rendez-vous.








