Prospecter les coiffeurs : joindre le salon avant la première coupe

Plus de cent mille établissements, dont près d’un tiers à domicile, et un gérant qui a les ciseaux à la main toute la journée. La prospection des salons se gagne d’abord sur le fichier, ensuite sur l’heure d’appel.

Visio de 30 minutes avec Alexis. Réponse sous un jour ouvré.

Qui décroche, et qui décide

Avant le premier appel, il faut savoir qui filtre et qui signe.

Le gérant coiffeur
Dans un salon indépendant, le gérant coupe, gère l’équipe et décide des achats : produits, mobilier, caisse, réservation, communication. Il décroche entre deux clients, rarement plus d’une minute.
Le franchisé
La coiffure compte de nombreux réseaux. Le franchisé suit l’enseigne pour les produits, l’agencement et souvent le logiciel ; il garde la main sur son recrutement, ses formations et sa communication locale.
La responsable d’un groupe de salons
Au-delà de trois ou quatre salons, une responsable gère les plannings, les achats et les recrutements pour l’ensemble, avec des horaires de bureau. Le fichier la repère en regroupant les établissements par SIREN ou par dirigeant.
Le coiffeur à domicile
Près d’un tiers des établissements, souvent en micro-entreprise : pas de salon, pas de fixe, des achats réduits. Une cible à part entière pour un grossiste, une formation ou une assurance, rarement pour un logiciel de caisse.

Ce métier fait partie des commerces locaux. Ce qu’ils ont en commun, l’heure où l’on décroche, le cadre et les chiffres du marché, est sur la fiche prospecter les commerces de proximité.

Les signaux qui disent que le moment est bon

Avant de composer un numéro, la donnée dit déjà beaucoup. Voilà ce qui décide de qui appeler, et quand.

  • Reprise de fonds publiée au BODACC : le nouveau gérant refait souvent l’agencement et change de logiciel et de fournisseur de produits.
  • Ouverture d’un deuxième salon, ou annonce de recrutement d’un coiffeur ou d’un apprenti qui reste en ligne plusieurs semaines.
  • Rendez-vous pris uniquement par téléphone, ou réservation en ligne sans fiche Google à jour.
  • Travaux, rénovation de la façade, changement d’enseigne.
  • Avis récents qui parlent de l’attente ou d’une prise de rendez-vous difficile.
  • Salon qui ajoute une activité : barbier, coloration végétale, soins, onglerie.

Chaque entreprise vient avec son SIREN.

Le marché en chiffres

111 177
établissements de coiffure fin 2024, salons et coiffure à domicileSource : UNEC, Chiffres clés de la coiffure 2025 (fichier Sirene de l’INSEE)
69 556
salons, pour 31 501 activités de coiffure à domicile, soit 31 % du secteurSource : UNEC, Chiffres clés de la coiffure 2025 (données 2024)
37 290
établissements employeurs en 2024, avec en moyenne moins de trois salariésSource : UNEC, Chiffres clés de la coiffure 2025 (ACOSS-URSSAF)
9 823
créations d’établissements en 2024, un record, pour 8 149 fermeturesSource : UNEC, communiqué « Chiffres-clés 2024 » du 19 novembre 2025

Ce qu’il faut savoir avant d’appeler

Tout ce qui suit sert à écrire le Sales Playbook de la campagne, validé par écrit avant le premier appel.

Retours de campagne

Ce que les appels vers les coiffeurs ont montré, tel qu’on l’a observé au téléphone.

Le nom du salon
Beaucoup de salons portent un nom à jeu de mots. Cité correctement en début d’appel, il fait souvent sourire le gérant et lui montre que son salon a été regardé avant que le numéro soit composé. Écorché, il produit l’effet inverse.
Les exemples du même métier
Les agences qui vendent des sites ou des vidéos aux salons font le même constat : le coiffeur juge sur des réalisations pour d’autres salons, de préférence de sa région. Un portfolio généraliste, mêlant restaurants et artisans, retient beaucoup moins son attention.
Le fixe pendant les coupes
Dans les salons équipés d’une réservation en ligne, le fixe sonne souvent sans réponse en pleine journée : l’équipe est en coupe et la clientèle réserve ailleurs. Quand le fichier contient le mobile du gérant, la liste se joint dans de tout autres proportions.

Compter les salons avant les rendez-vous

L’UNEC recensait 111 177 établissements de coiffure fin 2024, d’après le fichier Sirene de l’INSEE. Il recouvre des réalités très différentes : 69 556 sont des salons, 31 501 des activités de coiffure à domicile, et près de trois établissements sur dix sont des micro-entreprises. Seuls 37 290 établissements emploient au moins un salarié.

Un fichier construit sur le seul code d’activité 96.02A mélange donc le salon de six fauteuils et la coiffeuse qui se déplace chez ses clientes. Pour une caisse, un logiciel de réservation, du mobilier ou un site, la cible réelle est le salon qui a pignon sur rue, et souvent le salon employeur. Pour un grossiste, une formation ou une assurance, la coiffure à domicile est un marché en soi, qui se prospecte sur mobile.

Quand appeler un salon

MomentAu salonPour la prospection
LundiFermeture dans la plupart des salons.Personne au salon. Le gérant décroche parfois sur son mobile, sans son agenda sous les yeux.
Mardi et mercredi, à l’ouvertureInstallation, premiers rendez-vous plus espacés.La meilleure fenêtre de la semaine : les minutes qui précèdent le premier client.
Milieu de journée en semaineCoupes, couleurs, temps de pose.Possible pendant un temps de pose, à condition d’être bref et de proposer un rappel.
Vendredi et samediPlanning plein.À exclure entièrement.
Décembre et veilles de fêtesAffluence maximale.À exclure.

Le fixe du salon sonne souvent dans le vide en pleine journée : l’équipe est occupée, et une partie de la clientèle réserve en ligne. Le mobile du gérant, quand l’enrichissement du fichier permet de l’obtenir, change la joignabilité de la liste entière. Les semaines qui précèdent les fêtes de fin d’année, et les samedis de la saison des mariages, remplissent les plannings bien au-delà de l’ordinaire.

Un métier réglementé, une installation assouplie

La coiffure est une activité réglementée depuis la loi du 23 mai 1946 : un salon doit être dirigé, ou contrôlé de manière effective, par une personne qualifiée. Selon l’UNEC, la réforme du code de l’artisanat de 2023 a assoupli cet accès : trois années d’expérience professionnelle suffisent désormais pour devenir chef d’entreprise de coiffure. Les créations d’établissements ont atteint un record en 2024, avec 9 823 ouvertures pour 8 149 fermetures.

Pour un vendeur, cela veut dire un flux continu de nouveaux gérants, souvent excellents techniciens et moins armés sur la gestion. L’UNEC estime que 40 % des établissements créés fermeront dans les cinq ans, et 39 % des établissements fermés en 2024 avaient entre un et cinq ans d’existence. Éditeurs de logiciels, cabinets comptables et organismes de formation à la gestion trouvent là leur cible la plus réceptive, à condition de la joindre dans ses premiers mois.

Franchise, groupe, indépendant

Dans un salon franchisé, l’enseigne fixe les produits techniques et de revente, l’agencement et souvent l’outil de caisse ; le franchisé décide de son recrutement, de ses formations et de sa communication locale. Dans une succursale, la gérante applique ce que décide le siège, qui se prospecte comme un grand compte.

Le salon indépendant décide de tout, seul et vite. Entre les deux, les petits groupes de trois à dix salons, constitués par un coiffeur qui a ouvert ou racheté des salons voisins, ont une responsable qui gère plannings, achats et recrutements. Ce sont les comptes les plus intéressants du métier pour un éditeur ou un fournisseur, et ils se repèrent en regroupant les établissements par SIREN ou par dirigeant.

Les postes d’achat d’un salon

  • Produits techniques et de revente : coloration et soins, achetés auprès de grossistes ou directement auprès des marques, souvent sous contrat.
  • Logiciel de caisse et de réservation, fichier clients, rappels de rendez-vous.
  • Mobilier, bacs, fauteuils, agencement : un achat lourd et rare, déclenché par une ouverture ou une reprise.
  • Formation technique et formation à la gestion, financées en partie par l’opérateur de compétences de la branche.
  • Site, fiche d’établissement Google, photos des réalisations, réseaux sociaux.
  • Assurance, financement, location de matériel.

Les vérifications avant l’appel

  • La fiche Google : horaires, jour de fermeture, photos des réalisations, réponses aux avis.
  • La prise de rendez-vous : téléphone seul, réservation en ligne, ou les deux.
  • L’enseigne : indépendant, franchise ou succursale, à comparer avec la dénomination de la société exploitante.
  • L’équipe : nombre de coiffeurs visibles sur le site ou les réseaux, apprentis, annonces de recrutement.
  • L’ancienneté : date d’immatriculation, et cession éventuelle publiée au BODACC.

Ces cinq vérifications tiennent en deux minutes par salon. Elles donnent à l’appel un point d’accroche exact, et elles évitent d’appeler une succursale pour une offre qui se décide au siège.

Les reprises de fonds, la meilleure fenêtre

D’après les données Altares reprises par l’UNEC, environ 1 135 entreprises de coiffure ont été cédées chaque année en moyenne sur les huit dernières années, et les reprises de fonds de salon ont encore progressé de 3 % en 2024. Une reprise se lit au BODACC, qui publie la cession, puis sur la fiche Google, souvent recréée, et sur la vitrine. Le repreneur refait l’agencement, choisit son logiciel et ses fournisseurs : c’est la période où il écoute le plus volontiers.

Questions fréquentes

Quel jour appeler un salon de coiffure ?

Le mardi ou le mercredi, à l’ouverture, avant le premier client. Le lundi, la plupart des salons sont fermés ; le vendredi et le samedi, le planning est plein et l’appel n’a aucune chance. En milieu de journée, un temps de pose laisse parfois une minute, rarement davantage.

Combien y a-t-il de salons de coiffure en France ?

L’UNEC comptait 69 556 salons fin 2024, sur 111 177 établissements de coiffure au total, les autres relevant pour l’essentiel de la coiffure à domicile. 37 290 établissements emploient au moins un salarié. Pour une campagne, le décompte utile se fait sur la base SIRENE, code 96.02A, par commune.

Faut-il inclure les coiffeurs à domicile dans le fichier ?

Selon l’offre. Pour une caisse, un logiciel de réservation, du mobilier ou un site, non : sans salon ni équipe, le besoin est faible. Pour un grossiste, une formation, une assurance ou un outil de facturation mobile, ils forment un marché important, à joindre sur mobile et rattaché à un SIREN.

Comment repérer un salon qui vient d’être repris ?

Le BODACC publie les cessions de fonds de commerce avec le nom du nouvel exploitant. Un changement d’enseigne, une fiche Google recréée ou une publication annonçant une nouvelle équipe le confirment. Les premiers mois d’un repreneur sont la période où il change de logiciel, de fournisseurs et d’agencement.

Un salon franchisé choisit-il son logiciel de caisse ?

Rarement : la plupart des réseaux imposent l’outil de caisse et de réservation. Le franchisé décide en revanche de son recrutement, de ses formations et d’une partie de sa communication locale. Une question fermée posée en début d’appel suffit à savoir de quel côté tombe votre offre.

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Vous me dites ce que vous vendez et à qui. Je vous dis si le téléphone tient sur ce marché, et avec quelle formule.

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Pour aller plus loin

Les autres métiers des commerces locaux ont leur page : prospecter les restaurateurs, prospecter les instituts de beauté, prospecter les boulangeries-pâtisseries, prospecter les opticiens et prospecter les fleuristes.

Ce qu’ils ont en commun est sur la fiche du marché : prospecter les commerces de proximité.

Les métiers qui vendent le plus naturellement à ce marché ont leur page : la prospection SaaS B2B et trouver des clients pour une agence web.

Avant d’appeler, deux lectures : ce que dit la loi sur la prospection téléphonique B2B, et combien d’appels il faut pour un rendez-vous.