Prospecter les boulangeries-pâtisseries entre deux coups de feu

Une boulangerie artisanale tourne sur deux horloges : le fournil, qui démarre au milieu de la nuit, et la boutique, qui sert le matin et à midi. Le bon interlocuteur dépend de ce que vous vendez, l’heure d’appel aussi.

Visio de 30 minutes avec Alexis. Réponse sous un jour ouvré.

Qui décroche, et qui décide

Avant le premier appel, il faut savoir qui filtre et qui signe.

L’artisan boulanger-pâtissier
Il décide des investissements de production : four, pétrin, chambre de pousse, froid, choix du meunier. Il commence au fournil au milieu de la nuit et se repose souvent en début d’après-midi : l’appeler à 14 h revient souvent à le réveiller.
La personne qui tient la boutique
Dans beaucoup de boulangeries familiales, le conjoint ou une responsable de magasin gère la vente, l’équipe de vendeuses, la caisse, les plannings et une partie des commandes. Pour une caisse, un programme de fidélité ou un site, c’est souvent elle qui instruit le dossier, avant une décision prise à deux.
L’exploitant sous enseigne
Franchise ou enseigne de meunier, le réseau fournit la marque, souvent la farine, parfois l’agencement et la caisse. L’exploitant garde la main sur son équipe, ses horaires et une partie de ses fournisseurs.
Le dirigeant de plusieurs boutiques
Certains artisans exploitent plusieurs points de vente autour d’un fournil ou d’un laboratoire central. Ils ont un bureau, des horaires plus réguliers et des besoins d’outils de gestion plus avancés : c’est le segment le plus joignable.

Ce métier fait partie des commerces locaux. Ce qu’ils ont en commun, l’heure où l’on décroche, le cadre et les chiffres du marché, est sur la fiche prospecter les commerces de proximité.

Les signaux qui disent que le moment est bon

Avant de composer un numéro, la donnée dit déjà beaucoup. Voilà ce qui décide de qui appeler, et quand.

  • Reprise de fonds publiée au BODACC : le repreneur change souvent de meunier, de caisse et d’agencement dans sa première année.
  • Ouverture d’un deuxième point de vente ou d’un laboratoire central.
  • Travaux de boutique, nouveau four ou nouvelle vitrine réfrigérée, souvent montrés sur les réseaux sociaux du commerce.
  • Annonce de recrutement d’un boulanger, d’un pâtissier ou de vendeuses qui reste en ligne plusieurs semaines.
  • Fiche Google aux horaires faux, sans le jour de fermeture ni les congés annuels.
  • Commandes pour les fêtes et les entreprises, plateaux et buffets, prises uniquement par téléphone.

Chaque entreprise vient avec son SIREN.

Le marché en chiffres

plus de 35 000
boulangeries artisanales en FranceSource : CNBPF, dossier de presse du 27 juin 2024
55 000
boulangeries artisanales en 1970, soit environ 400 disparitions par an en moyenne depuisSource : CNBPF, dossier de presse « Baguette UNESCO », novembre 2022
3 sur 4
boulangeries emploient moins de six salariésSource : CNBPF, dossier de presse « Baguette UNESCO », novembre 2022
1 252
défaillances en 2025 dans la fabrication de produits de boulangerie-pâtisserie et de pâtes, en baisse de 3,8 %Source : Altares, bilan 2025 des défaillances d’entreprises (données provisoires)

Ce qu’il faut savoir avant d’appeler

Tout ce qui suit sert à écrire le Sales Playbook de la campagne, validé par écrit avant le premier appel.

Retours de campagne

Ce que les appels vers les boulangeries-pâtisseries ont montré, tel qu’on l’a observé au téléphone.

Les réalisations pour un confrère
Une agence web qui comptait déjà plusieurs boulangeries parmi ses clients appuie ses rendez-vous sur ces réalisations. Au téléphone, la mention d’un confrère de la région retient l’attention de l’artisan bien plus qu’une description de l’offre.
L’après-midi, la boutique répond
Les appels passés en début d’après-midi tombent le plus souvent sur la personne qui tient la boutique : l’artisan dort ou il est parti. Elle note, transmet, et fixe elle-même le moment où les deux seront disponibles, souvent en fin d’après-midi ou le jour de fermeture.
Les semaines de fêtes
Dans les quinze jours qui précèdent Noël, puis début janvier avec les galettes, les appels n’aboutissent presque jamais : la boutique décroche pour prendre des commandes et abrège tout autre appel. La deuxième quinzaine de janvier rouvre la fenêtre.

Deux horloges, le fournil et la boutique

Une boulangerie artisanale vit sur deux rythmes. Le fournil démarre au milieu de la nuit, souvent vers 3 h ou 4 h, pour que le pain soit en rayon à l’ouverture. La boutique connaît deux coups de feu, le matin et à midi, et souvent un troisième en fin de journée. Les deux décideurs ne sont pas disponibles aux mêmes heures.

CréneauAu fournilEn boutiquePour la prospection
Nuit et petit matinProduction.Mise en place, ouverture.À exclure.
7 h à 9 hFin de cuisson, viennoiseries.Premier coup de feu.À exclure.
9 h 30 à 11 h 30Pâtisserie, préparation du lendemain.Activité plus calme.Bon créneau pour la personne qui tient la boutique.
11 h 30 à 13 h 30Sandwichs, formules du midi.Coup de feu du midi.À exclure.
14 h à 16 hL’artisan se repose.Boutique calme, ou fermée dans les petites communes.Créneau de la boutique ; l’artisan se rappelle plus tard.
17 h à 19 hPréparations du lendemain.Affluence de fin de journée.Possible avant 17 h 30, mauvais ensuite.

Le jour de fermeture

La plupart des boulangeries artisanales ferment un jour par semaine, et ce jour varie d’une boutique à l’autre : le lundi, le mercredi, parfois le dimanche après-midi et le lundi. Dans une partie des départements, un arrêté préfectoral pris sur le fondement de l’article L. 3132-29 du code du travail impose même aux établissements qui vendent du pain un jour de fermeture hebdomadaire. Le jour de fermeture figure en général sur la fiche Google et sur la vitrine ; il se note dans le fichier, établissement par établissement.

C’est aussi le jour où l’artisan, reposé, accepte le plus volontiers un rendez-vous, quand il ne l’a pas réservé à sa famille. Les congés annuels se repèrent sur la fiche ou sur l’affichette de la porte, et sortent la boutique de la campagne pour la période.

Artisan, pâtissier, dépôt : trier le fichier

L’appellation de boulanger et l’enseigne de boulangerie sont réservées par la loi du 25 mai 1998 aux professionnels qui assurent eux-mêmes, sur le lieu de vente, le pétrissage, la fermentation, la mise en forme et la cuisson du pain, sans surgélation. Cette frontière se retrouve dans les codes d’activité de la base SIRENE :

  • 10.71C, boulangerie et boulangerie-pâtisserie : les artisans qui produisent, la cible principale ;
  • 10.71D, pâtisserie : les pâtissiers, souvent chocolatiers ou traiteurs, avec une clientèle et un calendrier différents ;
  • 47.24Z, commerce de détail de pain et de pâtisserie : dépôts, terminaux de cuisson, points chauds, qui n’achètent ni four à sole ni pétrin.

Les réseaux complètent le tableau. Beaucoup de boulangeries portent l’enseigne d’un meunier, qui leur fournit la farine sous contrat et parfois un accompagnement à l’installation, à l’agencement ou à la communication. D’autres appartiennent à des franchises. Dans les deux cas, une partie des achats est déjà cadrée, et la question de qui décide se pose avant toute présentation.

Les postes d’achat d’une boulangerie

  • Équipement de production : four, pétrin, chambre de pousse, froid. Des achats lourds et rares, souvent liés à une reprise ou à un agrandissement.
  • Énergie : un poste majeur, que la grande consultation menée par la CNBPF en 2024 place parmi les premières préoccupations de la profession.
  • Caisse, paiement, fidélité, gestion des commandes pour les fêtes et pour les entreprises.
  • Recrutement et formation : la boulangerie-pâtisserie forme plus de 29 000 apprentis selon la CNBPF, et le recrutement d’ouvriers qualifiés et de vendeuses reste un sujet constant.
  • Site, fiche Google, commande en ligne de pâtisseries et de plateaux.
  • Agencement de boutique, vitrines réfrigérées, enseigne.
  • Assurance, prévoyance, financement ou location longue durée du matériel.

Préparer chaque appel

  • Le code d’activité et l’ancienneté : artisan ou dépôt, création récente ou reprise.
  • Le jour de fermeture et les congés, sur la fiche Google ou la vitrine.
  • L’enseigne : indépendant, enseigne de meunier ou franchise.
  • Le nombre de points de vente rattachés au même dirigeant.
  • La présence en ligne : fiche à jour, site, commandes de fêtes en ligne ou par téléphone seulement.

Une observation exacte sur la boutique, citée dans les premières secondes, montre à la personne qui décroche que l’appel la concerne. Une observation approximative produit l’effet inverse, d’autant plus vite qu’elle tombe devant une file de clients.

Un maillage qui se resserre

La France comptait 55 000 boulangeries artisanales en 1970 et un peu plus de 35 000 aujourd’hui, selon la CNBPF, soit environ 400 disparitions par an en moyenne, surtout dans les communes rurales. Trois boulangeries sur quatre emploient moins de six salariés. Dans un bourg, la boulangerie est souvent le dernier commerce, et sa reprise est un sujet suivi par la mairie et par la chambre de métiers.

Ces chiffres dessinent deux marchés. En ville et en périphérie, des entreprises de plusieurs boutiques, avec un laboratoire central et une gestion structurée, joignables à des heures de bureau. À la campagne, des artisans seuls, très sollicités par les fournisseurs, dont la décision se prend au fournil, souvent avec le conjoint.

Questions fréquentes

À quelle heure appeler une boulangerie ?

Entre 9 h 30 et 11 h 30 pour joindre la personne qui tient la boutique, et en début d’après-midi quand la boutique est calme. Les coups de feu du matin, de midi et de fin de journée sont à exclure. L’artisan, qui commence au milieu de la nuit, se joint plutôt en fin d’après-midi ou le jour de fermeture.

Qui décide dans une boulangerie, l’artisan ou la personne en boutique ?

Les deux, selon le sujet. L’artisan tranche seul sur la production : four, pétrin, froid, meunier. Pour la caisse, la fidélité, le site ou les plannings, la personne qui tient la boutique instruit souvent le dossier, et la décision se prend à deux. Le rendez-vous gagne à les réunir.

Comment distinguer un artisan boulanger d’un dépôt de pain dans un fichier ?

Par le code d’activité : 10.71C pour la boulangerie et la boulangerie-pâtisserie, 47.24Z pour le commerce de détail de pain, qui regroupe dépôts et terminaux de cuisson. La loi du 25 mai 1998 réserve l’appellation de boulanger à ceux qui pétrissent, façonnent et cuisent sur place ; l’enseigne et le site permettent de vérifier.

Combien y a-t-il de boulangeries en France ?

Plus de 35 000 boulangeries artisanales selon la CNBPF (2024), contre 55 000 en 1970. Trois sur quatre emploient moins de six salariés. Le décompte utile à une campagne reste local : la base SIRENE, par code d’activité et par commune, établissements fermés écartés.

Quelles périodes éviter pour prospecter les boulangers ?

Les quinze jours qui précèdent Noël, le début janvier avec les galettes, la semaine de Pâques pour les pâtissiers et chocolatiers, et bien sûr les congés annuels de chaque boutique. La deuxième quinzaine de janvier et le printemps, hors Pâques, sont des périodes plus favorables.

Trente minutes pour savoir si ce marché décroche pour vous.

Vous me dites ce que vous vendez et à qui. Je vous dis si le téléphone tient sur ce marché, et avec quelle formule.

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Visio de 30 minutes avec Alexis. Réponse sous un jour ouvré.

Pour aller plus loin

Les autres métiers des commerces locaux ont leur page : prospecter les restaurateurs, prospecter les instituts de beauté, prospecter les coiffeurs, prospecter les opticiens et prospecter les fleuristes.

Ce qu’ils ont en commun est sur la fiche du marché : prospecter les commerces de proximité.

Les métiers qui vendent le plus naturellement à ce marché ont leur page : trouver des clients pour une agence de communication et la prospection SaaS B2B.

Avant d’appeler, deux lectures : ce que dit la loi sur la prospection téléphonique B2B, et combien d’appels il faut pour un rendez-vous.