Prospecter les médecins : le secrétariat, la déontologie et l’exercice regroupé

Un médecin achète du temps, de l’organisation, de la sécurité pour ses données. Le code de la santé publique lui interdit d’acheter du référencement payant ou une promesse de patientèle.

Visio de 30 minutes avec Alexis. Réponse sous un jour ouvré.

Qui décroche, et qui décide

Avant le premier appel, il faut savoir qui filtre et qui signe.

Médecin titulaire du cabinet
Il signe seul en cabinet individuel. Sa journée est découpée en consultations de quinze à vingt minutes ; il prend un appel non prévu entre midi et deux ou après la dernière consultation, sur un créneau convenu.
Secrétaire médicale
Elle tient l’agenda, absorbe les appels, gère les annulations et connaît les outils qui fonctionnent mal. Elle décide si un appel remonte, et c’est souvent elle qui utilise le logiciel qu’on veut vendre.
Coordinateur de maison de santé pluriprofessionnelle
Joignable aux heures de bureau, il prépare les décisions collectives de la structure et a besoin d’un document écrit à faire circuler auprès des praticiens.
Directeur ou gestionnaire de centre de santé
Les centres emploient des médecins salariés : la logique d’achat est celle d’une petite entreprise, avec un budget de fonctionnement et un gestionnaire.
Secrétariat externalisé
Un plateau distant trie entre urgence, rendez-vous et le reste. Il ne connaît pas le cabinet et n’a aucune consigne pour transmettre un fournisseur.

Ce métier fait partie des professions libérales et réglementées. Ce qu’ils ont en commun, l’heure où l’on décroche, le cadre et les chiffres du marché, est sur la fiche prospecter les professions libérales et réglementées.

Les signaux qui disent que le moment est bon

Avant de composer un numéro, la donnée dit déjà beaucoup. Voilà ce qui décide de qui appeler, et quand.

  • Installation, changement de lieu ou de mode d’exercice : le code de déontologie autorise des annonces à cette occasion (article R. 4127-82).
  • Création ou extension d’une maison de santé pluriprofessionnelle ou d’un centre de santé ; les projets de santé sont souvent publics.
  • Arrivée d’un associé ou d’un collaborateur, départ à la retraite d’un confrère du cabinet.
  • Offre d’emploi de secrétaire médicale ou d’assistant médical.
  • Changement de logiciel de cabinet imposé par une fin de maintenance ou par une mise à niveau du référencement Ségur.
  • Agenda en ligne saturé ou absent, messagerie qui n’accepte plus de messages.

Chaque entreprise vient avec son SIREN.

Le marché en chiffres

205 214
médecins en activité régulière au 1er janvier 2026Source : Ordre des médecins, Atlas de la démographie médicale 2026
49,8 %
des médecins en activité régulière sont salariés en 2026, contre 41,9 % en 2010Source : Ordre des médecins, Atlas de la démographie médicale 2026
54,4 %
des généralistes en activité régulière exercent en libéral exclusifSource : Ordre des médecins, Atlas de la démographie médicale 2026

Ce qu’il faut savoir avant d’appeler

Tout ce qui suit sert à écrire le Sales Playbook de la campagne, validé par écrit avant le premier appel.

Retours de campagne

Ce que les appels vers les médecins ont montré, tel qu’on l’a observé au téléphone.

La secrétaire décroche, et oriente
Sur un fichier de cabinets de groupe, c’est la secrétaire qui a répondu à presque tous les appels aboutis. Quand l’appel précisait d’emblée qu’il ne s’agissait pas d’un rendez-vous patient, elle donnait le nom de la personne qui s’occupe du logiciel, ou un créneau de rappel du médecin en début d’après-midi.
Le plateau qui ne connaît pas le cabinet
Plusieurs numéros aboutissaient à un secrétariat externalisé : le cabinet était annoncé, mais personne ne savait si le médecin consultait ce jour-là. Après deux tentatives, un courrier adressé au cabinet a remplacé le téléphone pour ces fiches.
Les maisons de santé, joignables en journée
Les coordinateurs de maisons de santé ont décroché aux heures de bureau, quand les cabinets individuels ne répondaient qu’en fin de journée. Chacun a demandé un document court, à présenter à la réunion de l’équipe avant toute suite.

Le cadre déontologique depuis décembre 2020

Le code de déontologie médicale est intégré au code de la santé publique. L’article R. 4127-19 pose que la médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce. Le décret n° 2020-1662 du 22 décembre 2020 a ouvert la communication : selon l’article R. 4127-19-1, le médecin est libre de communiquer au public, par tout moyen, y compris sur un site internet, des informations sur ses compétences, son parcours et ses conditions d’exercice.

Elle est loyale et honnête, ne fait pas appel à des témoignages de tiers, ne repose pas sur des comparaisons avec d’autres médecins ou établissements et n’incite pas à un recours inutile à des actes de prévention ou de soins.
Article R. 4127-19-1 du code de la santé publique
La règleConséquence pour une offre
Pas de témoignages de tiers (R. 4127-19-1).Avis de patients mis en avant, vidéos de patients : exclus du site et des réseaux du cabinet.
Pas de comparaison avec d’autres médecins ou établissements (R. 4127-19-1).Aucun classement, aucun « meilleur » de la ville.
Référencement numérique prioritaire contre paiement interdit (R. 4127-80, II).Annonces payantes sur un moteur de recherche, mise en avant payante dans un annuaire : invendables à un médecin.
Annuaires : nom, adresse, horaires, situation vis-à-vis de l’assurance maladie, spécialité, titres reconnus (R. 4127-80, I).Une fiche exacte et complète reste permise, et utile.
Annonces permises lors de l’installation ou d’une modification d’exercice (R. 4127-82).L’installation est un moment où le médecin communique, et où il achète.
Le médecin fait cesser l’usage commercial de son nom (R. 4127-20).Un fournisseur ne cite pas un médecin client dans sa communication sans son accord.

Ces règles visent le médecin et n’interdisent pas de l’appeler. Elles écartent d’emblée toute offre fondée sur l’acquisition de patients ou le référencement payant, et laissent ouvert l’essentiel de ses besoins : organisation, temps, sécurité, conformité. Le conseil national de l’Ordre publie des recommandations sur la communication, que l’article R. 4127-19-1 vise expressément ; une agence qui s’y réfère évite au médecin un écart devant son conseil départemental.

Les données de santé

L’article L. 1111-8 du code de la santé publique soumet à certification l’hébergement de données de santé à caractère personnel confié à un tiers. Logiciel de cabinet, agenda en ligne, téléconsultation, sauvegarde externalisée : la question de l’hébergeur arrive tôt, souvent posée par la secrétaire ou par le coordinateur. Une offre certifiée le dit au premier échange, avec le nom de l’hébergeur ; une offre qui touche à ces données sans certification n’a pas sa place sur cette cible.

Les logiciels de cabinet font aussi l’objet d’un référencement dans le cadre du Ségur du numérique en santé : dossier médical partagé, messagerie sécurisée de santé, identité nationale de santé. Une nouvelle version ou un changement d’éditeur imposé par ce référencement ouvre une fenêtre d’achat pour tout ce qui gravite autour du logiciel.

Salariat et exercice regroupé

L’Atlas 2026 de l’Ordre des médecins compte 205 214 médecins en activité régulière au 1er janvier 2026. La moitié environ est salariée (49,8 %, contre 41,9 % en 2010), mais le libéral exclusif reste majoritaire chez les généralistes (54,4 %). Entre 2016 et 2023, les généralistes exerçant en centre de santé ont progressé de 73 %, quand l’exercice en cabinet de groupe restait quasi stable. Le marché se déplace vers des structures qui ont un gestionnaire et un budget. Les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ajoutent un échelon : elles coordonnent les professionnels d’un territoire autour de projets communs, avec une équipe de coordination et un financement propre.

  • Le cabinet individuel : décision immédiate, budget étroit, créneaux d’appel courts.
  • Le cabinet de groupe : une secrétaire commune, des outils partagés, une décision à deux ou trois.
  • La maison de santé pluriprofessionnelle : un coordinateur, un projet de santé écrit, une décision collective préparée.
  • Le centre de santé : des médecins salariés, un gestionnaire, une logique de petite entreprise.
  • L’hôpital et la clinique : achats formalisés et centrales de référencement, hors du champ de l’appel à froid.

Les achats d’un cabinet médical

  • Le logiciel de cabinet et ses modules : dossier patient, ordonnances, télétransmission, messagerie sécurisée de santé.
  • L’agenda en ligne et l’accueil téléphonique : prise de rendez-vous, rappels, gestion des rendez-vous non honorés.
  • L’équipement : postes, lecteurs de carte, réseau, sauvegarde, matériel médical.
  • Le secrétariat externalisé ou l’assistant médical, pour rendre du temps à la consultation.
  • Les locaux : aménagement d’un cabinet, projet immobilier d’une maison de santé.
  • La prévoyance, la responsabilité civile professionnelle et la retraite du praticien.

Le fil commun est le temps. Un médecin qui refuse déjà des patients n’a pas l’usage d’une offre d’acquisition, et chaque minute rendue à la consultation compte pour lui comme pour sa secrétaire.

Joindre un cabinet

La première phrase décide de la suite : un appel qui ne dit pas tout de suite qu’il ne vient pas d’un patient est traité comme une demande de rendez-vous. La secrétaire est une interlocutrice de plein droit ; elle connaît le nombre d’appels qu’elle absorbe, les rendez-vous non honorés, la double saisie entre l’agenda et le logiciel. Le médecin se joint entre 13 h et 14 h ou après la dernière consultation, sur un créneau qu’elle a proposé.

Pour construire le fichier, l’annuaire santé public (répertoire RPPS) donne l’identité, la spécialité et le lieu d’exercice des médecins ; les listes de maisons et de centres de santé publiées par les agences régionales de santé complètent la segmentation par mode d’exercice.

Questions fréquentes

A-t-on le droit d’appeler un médecin pour lui vendre un service ?

Oui. Le code de déontologie médicale encadre l’exercice et la communication du médecin ; il ne vise pas le fournisseur qui l’appelle. La conséquence porte sur l’offre : un médecin ne peut acheter ni promesse de patientèle, ni référencement payant, ni dispositif de témoignages de patients.

Un médecin peut-il payer pour apparaître en tête des résultats de recherche ?

Non. L’article R. 4127-80 du code de la santé publique lui interdit d’obtenir contre paiement, ou par tout autre moyen, un référencement numérique qui fait apparaître de manière prioritaire l’information le concernant. Les fiches d’annuaire exactes restent permises, avec les mentions que le même article énumère.

Qu’impose l’hébergement de données de santé à un fournisseur ?

Une certification d’hébergeur de données de santé, en application de l’article L. 1111-8 du code de la santé publique, dès lors que des données de santé à caractère personnel sont hébergées pour le compte du cabinet. La question arrive tôt dans la conversation ; une offre certifiée nomme son hébergeur dès le premier échange.

Faut-il viser les cabinets ou les maisons de santé ?

Les maisons de santé pluriprofessionnelles et les centres de santé, chaque fois que l’offre s’y prête. Le coordinateur est joignable aux heures de bureau, la décision est préparée par écrit et couvre plusieurs praticiens. L’Atlas 2026 de l’Ordre des médecins montre d’ailleurs la progression des généralistes exerçant en centre de santé.

À quel moment joindre un médecin ?

Entre 13 h et 14 h, ou après la dernière consultation, sur un créneau proposé par la secrétaire. Le lundi matin et les veilles de congés sont chargés partout. Un rappel obtenu à heure fixe et tenu à la minute vaut mieux que plusieurs tentatives au hasard.

Trente minutes pour savoir si ce marché décroche pour vous.

Vous me dites ce que vous vendez et à qui. Je vous dis si le téléphone tient sur ce marché, et avec quelle formule.

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Pour aller plus loin

Les autres métiers des professions libérales et réglementées ont leur page : prospecter les cabinets d’avocats, prospecter les cabinets d’expertise comptable, prospecter les notaires, prospecter les architectes et prospecter les kinésithérapeutes.

Ce qu’ils ont en commun est sur la fiche du marché : prospecter les professions libérales et réglementées.

Les métiers qui vendent le plus naturellement à ce marché ont leur page : trouver des clients en infogérance et la prospection SaaS B2B.

Avant d’appeler, deux lectures : ce que dit la loi sur la prospection téléphonique B2B, et combien d’appels il faut pour un rendez-vous.