Prospecter la filière volaille : éleveurs, abattoirs et transformateurs

Dans la volaille, l’éleveur décide rarement seul : son organisation de production fournit les poussins, l’aliment et souvent le cahier des charges. Savoir qui tient la décision évite la moitié des appels inutiles.

Visio de 30 minutes avec Alexis. Réponse sous un jour ouvré.

Qui décroche, et qui décide

Avant le premier appel, il faut savoir qui filtre et qui signe.

L’éleveur
Exploitant en EARL, en GAEC ou en nom propre, il conduit un ou plusieurs bâtiments de poulets, de dindes, de pintades ou de canards. Il décide de ses investissements, mais l’organisation de production avec laquelle il est sous contrat fournit souvent les animaux et l’aliment, reprend les lots et oriente les choix techniques. Il se joint sur son portable.
Le technicien de l’organisation de production
Il visite les élevages, suit les résultats des lots et recommande l’équipement des bâtiments et les pratiques de biosécurité. Il ne signe rien chez l’éleveur, mais un éleveur le consulte presque toujours avant un achat technique. Les accords cadres se négocient avec la direction de l’organisation.
Le directeur d’abattoir ou de site
Dans un groupe, le site a son directeur, son responsable maintenance et son responsable qualité, et les achats importants remontent au siège. Dans un abattoir indépendant ou un atelier de découpe, le dirigeant décide, avec le responsable qualité à ses côtés.
Le responsable qualité
Il porte le plan de maîtrise sanitaire, l’agrément de l’établissement, les audits IFS ou BRCGS demandés par la distribution et la traçabilité des lots. Dans un abattoir, le responsable protection animale, obligatoire, lui est souvent rattaché. C’est l’interlocuteur des logiciels de qualité et de traçabilité.
Le dirigeant du transformateur
Charcuterie de volaille, plats cuisinés, foie gras, produits festifs : la PME de transformation se décide en direction, avec un directeur industriel pour les projets de ligne et d’automatisation.

Ce métier fait partie des PME industrielles et agroalimentaires. Ce qu’ils ont en commun, l’heure où l’on décroche, le cadre et les chiffres du marché, est sur la fiche prospecter les PME industrielles et agroalimentaires.

Les signaux qui disent que le moment est bon

Avant de composer un numéro, la donnée dit déjà beaucoup. Voilà ce qui décide de qui appeler, et quand.

  • Un permis de construire ou une demande d’enregistrement pour un bâtiment d’élevage : les installations classées sont consultables sur Géorisques, et les plus grandes passent par une consultation du public.
  • Un dossier de modernisation déposé au plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAE), géré par les régions : bâtiment, ventilation ou énergie vont changer.
  • Un passage en Label Rouge, en bio ou en plein air : cahier des charges, enregistrements et parcours sont à revoir.
  • La levée d’une zone réglementée après un foyer d’influenza aviaire : les élevages remettent des lots en place et reprennent les investissements de biosécurité.
  • Une certification IFS ou BRCGS obtenue, renouvelée ou étendue à un nouveau site : la base de données publique d’IFS en garde la trace.
  • Un recrutement de responsable qualité, de technicien de maintenance ou d’automaticien dans un abattoir ou chez un transformateur.
  • La reprise, la fermeture ou le regroupement de sites d’abattage, relayés par la presse régionale et agricole.
  • Un projet d’énergie à la ferme : panneaux photovoltaïques sur les toitures, chaudière biomasse, méthanisation.

Chaque entreprise vient avec son SIREN.

Le marché en chiffres

près d’un sur deux
poulets consommés en France qui sont importésSource : ANVOL, interprofession de la volaille de chair, 2024
1er octobre 2023
début de la vaccination obligatoire des canards contre l’influenza aviaire dans les élevages commerciauxSource : Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
40 000
emplacements de volailles : seuil au-delà duquel un élevage relève de la directive sur les émissions industriellesSource : Directive 2010/75/UE (IED)

Ce qu’il faut savoir avant d’appeler

Tout ce qui suit sert à écrire le Sales Playbook de la campagne, validé par écrit avant le premier appel.

Retours de campagne

Ce que les appels vers les entreprises de la filière volaille ont montré, tel qu’on l’a observé au téléphone.

La décision passe par le technicien
Sur des élevages appelés pour un équipement de bâtiment, la plupart des éleveurs ont renvoyé vers le technicien de leur organisation de production avant de parler d’un rendez-vous. La conversation utile a eu lieu ensuite avec l’organisation, qui pouvait recommander le matériel à tout son réseau d’éleveurs.
La biosécurité ferme les visites
Pendant les périodes de risque élevé d’influenza aviaire, des éleveurs ont refusé toute visite sur l’exploitation. Les rendez-vous se sont tenus en visio ou au bureau de l’organisation de production ; aucun commercial ne passe le sas sanitaire sans raison.
Les producteurs de foie gras décrochent au comptoir
Dans le Sud-Ouest, les producteurs de palmipèdes qui ont une boutique à la ferme répondent depuis la boutique : la personne au comptoir vend, et le gérant est au gavage ou au laboratoire le matin. Les échanges avec le décideur ont eu lieu en début d’après-midi, loin de la période des fêtes.

Une filière organisée autour de l’intégration

La volaille de chair française fonctionne en grande partie par contrats. L’éleveur possède ses bâtiments et conduit l’élevage ; une organisation de production, coopérative ou entreprise privée, lui fournit les poussins et l’aliment, organise l’enlèvement des lots et les vend à l’abattoir. En aval, l’abattoir découpe, et le transformateur élabore : charcuterie de volaille, plats cuisinés, produits festifs, foie gras pour les palmipèdes. Chaque maillon achète des choses différentes, et la décision ne se prend pas au même endroit.

MaillonQui décideAchats typiques
ÉlevageL’éleveur, conseillé par son technicienBâtiment, ventilation, chauffage, pesée et suivi des lots, énergie
Organisation de productionLa direction, les responsables techniquesOutils de suivi des élevages, planification des mises en place, formation, conseil
Abattoir et découpeLe directeur de site, le responsable qualité, la maintenanceAutomatisation, traçabilité, GMAO, froid, sécurité informatique
TransformationLe dirigeant, le directeur industrielLignes de production, ERP, gestion de la qualité, étiquetage, EDI avec la distribution

Pour un vendeur, la conséquence est directe : une offre qui touche à l’élevage se vend autant à l’organisation de production qu’à l’éleveur, et une offre qui touche à l’abattoir se vend au site si l’entreprise est indépendante, au siège si elle appartient à un groupe.

Le cadre sanitaire, premier moteur des achats

  • La biosécurité en élevage est encadrée par l’arrêté du 29 septembre 2021 : plan de biosécurité, formation de l’éleveur, gestion des accès et des intervenants.
  • La vaccination des canards contre l’influenza aviaire est obligatoire dans les élevages commerciaux depuis l’automne 2023, et le niveau de risque est fixé par arrêté au fil de la saison.
  • Au-delà de certains effectifs, les élevages sont des installations classées (rubrique 2111) ; au-delà de 40 000 emplacements, ils relèvent aussi de la directive sur les émissions industrielles.
  • Les abattoirs et les ateliers de découpe travaillent sous agrément sanitaire, avec une inspection vétérinaire officielle sur place.
  • La protection des animaux au moment de la mise à mort relève du règlement (CE) n° 1099/2009, qui impose un responsable protection animale dans chaque abattoir.
  • Depuis le 1er mars 2022, l’origine des viandes de volaille servies en restauration doit être indiquée (décret n° 2022-65).

Ces textes produisent des registres, des enregistrements et des audits. Tout ce qui les simplifie, les fiabilise ou les rend consultables lors d’un contrôle trouve un interlocuteur : le responsable qualité chez l’industriel, l’organisation de production pour les éleveurs.

Joindre un éleveur, joindre un abattoir

L’éleveur se joint sur son portable. Il fait le tour de ses bâtiments tôt le matin et en fin de journée ; la fin de matinée et le début d’après-midi sont les créneaux les plus sûrs. Les jours de mise en place des poussins et d’enlèvement des lots, souvent de nuit, sont à éviter. Le vide sanitaire, entre deux lots, est un moment de nettoyage intense, mais aussi celui où l’éleveur réfléchit à ses travaux.

Un abattoir démarre tôt, parfois avant l’aube. L’encadrement est pris par la production et les réunions du matin ; la fin de matinée et le début d’après-midi conviennent mieux. Le standard filtre comme dans toute PME industrielle : le nom du responsable qualité ou du directeur de site, trouvé avant l’appel, fait la différence.

Les saisons de la filière

Les transformateurs de produits festifs (foie gras, chapons, volailles fines) concentrent leur activité de septembre à décembre : la production et l’expédition prennent toute la place, et aucun projet ne démarre. De janvier à avril, la fenêtre est la meilleure pour eux. Côté élevage, l’automne et l’hiver sont la période où le risque d’influenza aviaire est le plus élevé ; en cas de foyer, les zones réglementées gèlent les mouvements et les visites, et l’éleveur a d’autres priorités qu’un appel commercial.

Les achats qui reviennent

  • Régulation d’ambiance et capteurs dans les bâtiments : température, hygrométrie, ammoniac, consommation d’eau et d’aliment, pesée automatique des animaux.
  • Énergie : chauffage des bâtiments au démarrage des lots, panneaux photovoltaïques, échangeurs de chaleur.
  • Traçabilité lot par lot, de l’élevage à la découpe, et étiquetage de l’origine pour la restauration.
  • Automatisation de l’abattage, de la découpe et du conditionnement : robotique, vision, pesage.
  • Maintenance et froid dans les abattoirs, avec une GMAO pour suivre les arrêts de ligne.
  • Sécurité informatique des sites industriels, où les automates et la supervision tiennent la production.
  • Recrutement d’opérateurs, de techniciens de maintenance et de responsables qualité.

Dans les abattoirs, la difficulté à recruter sur les postes de découpe pèse sur les choix d’investissement : l’automatisation y répond à un manque de bras autant qu’à un objectif de productivité. Chez l’éleveur, les achats suivent le cycle des bâtiments, construits pour plusieurs décennies et rénovés par étapes, souvent avec un financement public.

Construire le fichier

Les élevages relèvent du code NAF 01.47Z (élevage de volailles), les abattoirs et ateliers de découpe du 10.12Z (transformation et conservation de la viande de volaille), les transformateurs du 10.13A (préparation industrielle de produits à base de viande) ou du 10.85Z (fabrication de plats préparés). Le ministère de l’Agriculture publie la liste des établissements agréés, par espèce et par activité ; Géorisques recense les élevages classés ; la base d’IFS indique qui est certifié.

Un fichier d’élevages gagne à être croisé avec l’organisation de production de chaque éleveur, quand elle est connue : deux éleveurs d’une même organisation se parlent, et une référence y circule vite. À l’inverse, un fichier d’abattoirs se trie par propriétaire, pour séparer les sites indépendants de ceux dont les achats se décident au siège.

Questions fréquentes

Faut-il vendre à l’éleveur ou à son organisation de production ?

Pour un équipement de bâtiment ou un outil de suivi des lots, aux deux. L’éleveur décide sur son exploitation, mais il consulte son technicien, et l’organisation peut recommander une offre à l’ensemble de ses éleveurs. Un accord avec elle ouvre ensuite les élevages un par un.

Quand appeler un abattoir de volailles ?

En fin de matinée ou en début d’après-midi, une fois la production lancée et les réunions du matin passées. Les semaines d’audit IFS ou BRCGS et les pics de fin d’année sont à éviter.

L’influenza aviaire empêche-t-elle de prospecter ?

Elle empêche les visites, et un éleveur en zone réglementée a d’autres soucis. Les zones et les niveaux de risque sont publics : le fichier se met à jour en conséquence, et les élevages concernés passent à plus tard.

Qui achète les logiciels de traçabilité dans un abattoir ?

Le responsable qualité les prescrit, le directeur de site ou le dirigeant les signe. Dans un groupe, le choix remonte souvent au siège, qui harmonise les outils entre les sites.

Les producteurs de foie gras relèvent-ils de la filière volaille ?

Oui : canards et oies sont des volailles au sens de la réglementation sanitaire, et leurs élevages suivent les mêmes règles de biosécurité. Commercialement, ce sont souvent des entreprises à part, avec vente directe, boutique et forte saisonnalité de fin d’année.

Trente minutes pour savoir si ce marché décroche pour vous.

Vous me dites ce que vous vendez et à qui. Je vous dis si le téléphone tient sur ce marché, et avec quelle formule.

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Pour aller plus loin

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Ce qu’ils ont en commun est sur la fiche du marché : prospecter les PME industrielles et agroalimentaires.

Les métiers qui vendent le plus naturellement à ce marché ont leur page : trouver des clients en infogérance et la prospection SaaS B2B.

Avant d’appeler, deux lectures : ce que dit la loi sur la prospection téléphonique B2B, et combien d’appels il faut pour un rendez-vous.