Prospecter les domaines viticoles et les caves coopératives

Un domaine se joint sur le portable du vigneron, une cave coopérative par son directeur. Entre les deux, le calendrier de la vigne décide de qui décroche, et quand.

Visio de 30 minutes avec Alexis. Réponse sous un jour ouvré.

Qui décroche, et qui décide

Avant le premier appel, il faut savoir qui filtre et qui signe.

Le vigneron exploitant
Gérant de l’EARL, de la SCEA ou du GFA, il décide seul de presque tout dans un domaine familial. Son numéro est souvent un portable, publié sur la fiche du domaine ou sur son site. Le fixe sonne au caveau, où décroche un membre de la famille ou la personne chargée de l’accueil, qui ne tranche rien.
Le directeur de cave coopérative
Salarié, il dirige une structure qui vinifie et commercialise les raisins de ses adhérents. Il instruit les projets (cuverie, logiciel de chai, informatique, marques), mais les investissements importants passent devant le conseil d’administration, composé de vignerons coopérateurs et présidé par l’un d’eux.
Le maître de chai ou l’œnologue
Il ne signe pas, et il peut tout bloquer. Traçabilité des lots, registre de cave, régulation des températures, matériel de vinification : son avis compte dans les domaines comme dans les coopératives. L’œnologue conseil extérieur, qui suit plusieurs domaines d’une même appellation, prescrit aussi.
Le responsable commercial ou export
Présent dans les maisons de négoce, les grands domaines et les coopératives qui vendent sous leur marque. Il achète le CRM, la boutique en ligne, les outils de suivi des importateurs et les prestations export. Dans un château détenu par un groupe ou un investisseur, ces décisions se prennent au siège.

Ce métier fait partie des PME industrielles et agroalimentaires. Ce qu’ils ont en commun, l’heure où l’on décroche, le cadre et les chiffres du marché, est sur la fiche prospecter les PME industrielles et agroalimentaires.

Les signaux qui disent que le moment est bon

Avant de composer un numéro, la donnée dit déjà beaucoup. Voilà ce qui décide de qui appeler, et quand.

  • Un chantier de chai ou de cuverie : permis de construire affiché, appel d’offres de bâtiment agricole, article dans la presse régionale.
  • Une fusion ou une union de caves coopératives, votée en assemblée générale et relayée par la presse viticole : les outils des deux structures sont à harmoniser.
  • Un changement de gérant ou une transmission entre générations, visible dans les annonces légales et au BODACC.
  • Une conversion en bio, une certification HVE ou Terra Vitis : de nouveaux enregistrements à tenir, de nouveaux arguments de vente.
  • L’ouverture d’un caveau, de chambres d’hôtes ou d’un parcours de visite : un projet d’œnotourisme se repère sur le site et les réseaux du domaine.
  • Une offre d’emploi de responsable export, de caviste ou de chef de culture : le domaine se structure.
  • Des parcelles arrachées ou une diversification (vins sans alcool, autres cultures) : le modèle économique bouge, les outils suivent.

Chaque entreprise vient avec son SIREN.

Le marché en chiffres

près de 60 000
exploitations agricoles spécialisées en viticulture en FranceSource : Agreste, recensement agricole 2020
8 décembre 2023
les vins produits depuis cette date affichent la liste des ingrédients et la déclaration nutritionnelle, souvent par une étiquette électroniqueSource : Règlement (UE) 2021/2117
chaque mois
la déclaration récapitulative mensuelle (DRM) des entrepositaires agréés, déposée en ligne auprès des douanesSource : DGDDI, téléservice CIEL

Ce qu’il faut savoir avant d’appeler

Tout ce qui suit sert à écrire le Sales Playbook de la campagne, validé par écrit avant le premier appel.

Retours de campagne

Ce que les appels vers les domaines et caves viticoles ont montré, tel qu’on l’a observé au téléphone.

Les propriétés de groupe se décident ailleurs
Sur un fichier de domaines girondins monté pour une agence web, les châteaux détenus par un groupe de luxe ou par un investisseur ont été retirés avant le premier appel. Au domaine, personne n’a la main sur les prestataires : le choix se fait au siège, avec ses propres règles d’achat.
Les fournisseurs de la filière vendent par le réseau
Un tonnelier, appelé pour un projet de visibilité en ligne, l’a résumé en une phrase : les vignerons ne choisissent pas leur tonnelier sur Google. Chez les fournisseurs de la filière, la clientèle se fait au salon, par l’œnologue conseil et par le bouche-à-oreille entre domaines voisins.
Au sortir des vendanges, des rappels datés
Début octobre, les domaines du Sud-Ouest décrochaient, mais pour fixer une date plutôt qu’un rendez-vous : clôture comptable en cours, vinification à terminer, budget de l’année déjà engagé. Ces dates correspondent à un moment réel de l’exploitation, et elles se notent comme telles.

Trois acheteurs sous le même mot

Vendre « à la viticulture », c’est vendre à trois types d’entreprises qui n’achètent ni de la même façon ni au même rythme. Le domaine familial vinifie et vend sa propre récolte ; il est souvent constitué en EARL, en SCEA ou en GFA, avec quelques salariés permanents et des saisonniers. La cave coopérative vinifie et commercialise les raisins de ses adhérents ; elle a un directeur salarié, un service administratif et un conseil d’administration élu. Le négociant achète des raisins, des moûts ou des vins, les assemble, les élève et les met en marché ; il fonctionne comme une PME commerciale, avec une direction et des services.

StructureQui signeCe qu’elle achèteComment la joindre
Domaine familialLe gérant, seulBoutique en ligne, logiciel de chai, matériel, conseil exportPortable du vigneron, fixe du caveau
Cave coopérativeLe directeur, puis le conseil d’administrationInformatique, traçabilité, ERP, marketing des marquesStandard, puis secrétariat de direction
Maison de négoceLe dirigeant ou la direction commercialeCRM, ERP, logistique, outils exportStandard d’entreprise
Château de groupeLe siègeSelon les règles du groupePar le siège, rarement par le domaine

La taille des projets suit la même pente. Un domaine familial achète vite et sur un petit périmètre ; une coopérative achète des projets plus lourds, plus lentement, sur décision collective. Une campagne qui mélange les deux dans un même fichier mélange aussi deux discours et deux cycles de vente.

Le calendrier de la vigne

Dans un domaine, l’agenda est dicté par la vigne et par le chai. Les vendanges, de la fin août à octobre selon les vignobles et les cépages, ferment la porte pendant plusieurs semaines : personne ne prend un appel commercial avec une benne à vider. Le reste de l’année se lit ainsi.

PériodeÀ la vigne et au chaiPour l’appel
Novembre à févrierFin des fermentations, écoulage, taille, déclarations de récolte et de productionLa meilleure période : le vigneron est au domaine et prépare la saison suivante.
Mars à juinTravaux en vert, traitements, mises en bouteille, salonsJoignable par créneaux courts ; les journées de traitement se décident la veille, selon la météo.
Juillet à mi-aoûtEntretien, congésPeu de décisions. Le temps de préparer les fichiers.
Fin août à octobreVendanges et vinificationLes domaines ne prennent pas d’appel commercial ; les coopératives sont en pleine réception de vendange.

Dans la journée, le vigneron se joint plus facilement tôt le matin, avant de partir dans les parcelles, ou en fin d’après-midi. Le directeur de cave coopérative suit un horaire de bureau, sauf pendant la réception de vendange. Les salons de matériel viticole, le SITEVI à Montpellier les années impaires et Vinitech-Sifel à Bordeaux les années paires, concentrent en fin d’année les projets d’équipement : un fournisseur qui y expose peut appeler avant pour proposer une rencontre sur le stand, ou après pour reprendre les contacts.

Un cadre douanier qui fait acheter

Le vin est un produit soumis à accises, et la filière déclare beaucoup. Ces obligations expliquent l’existence d’un marché du logiciel de gestion de chai, et elles pèsent sur toute offre qui touche aux stocks, à la facturation ou à l’étiquette.

  • Le casier viticole informatisé (CVI), tenu par les douanes, décrit le parcellaire de chaque exploitation ; il change à chaque plantation, arrachage ou reprise.
  • Le registre de cave retrace les entrées, les sorties et les pratiques œnologiques ; son contenu est fixé par le règlement délégué (UE) 2018/273.
  • Les entrepositaires agréés déposent leur déclaration récapitulative mensuelle (DRM) sur CIEL, le téléservice des douanes, et accompagnent les mouvements en droits suspendus d’un document électronique émis sur GAMMA.
  • Les déclarations de récolte et de production suivent chaque vendange.
  • Les vins produits depuis le 8 décembre 2023 portent la liste des ingrédients et la déclaration nutritionnelle, le plus souvent par un QR code qui renvoie à une étiquette électronique.
  • La facturation électronique s’applique aux exploitations comme aux autres entreprises assujetties à la TVA : réception obligatoire depuis le 1er septembre 2026, émission au 1er septembre 2027 pour les PME et les TPE.

Beaucoup de domaines confient leur comptabilité et une partie de leurs déclarations à un centre de gestion agricole ou à un cabinet spécialisé. Ce prestataire prescrit : il recommande des outils, ou il les impose par sa façon de travailler. Un éditeur qui s’intègre à ses logiciels gagne un argument que le vigneron comprend tout de suite.

Les offres qui trouvent preneur

  • Le logiciel de gestion de chai et de traçabilité, relié aux déclarations douanières : c’est le sujet que le maître de chai connaît le mieux.
  • La boutique en ligne et la vente directe, pour les domaines qui vendent au caveau et veulent garder le lien avec leurs visiteurs.
  • L’œnotourisme : réservation de visites, billetterie de dégustations, présence auprès des offices de tourisme.
  • L’informatique et la sécurité des coopératives, qui gèrent plusieurs sites, des postes en cuverie et des automates de froid.
  • Les prestations export et le suivi des importateurs, pour les maisons qui vendent hors de France.

Construire le fichier

Le code NAF 01.21Z (culture de la vigne) regroupe la plupart des domaines, y compris ceux qui vinifient. Les coopératives et une partie des domaines apparaissent en 11.02B (vinification), les maisons de champagne et de crémant en 11.02A (fabrication de vins effervescents), le négoce en 46.34Z (commerce de gros de boissons). Les interprofessions régionales, les syndicats d’appellation et l’annuaire de l’Agence Bio complètent le registre.

Deux tris évitent des appels perdus : retirer les propriétés détenues par un groupe, dont la décision se prend au siège, et séparer les domaines des coopératives, qui ne relèvent ni du même discours ni du même cycle. Le numéro utile d’un domaine est souvent le portable du vigneron ; celui d’une coopérative, le standard, avec le nom du directeur demandé dès la première phrase.

Questions fréquentes

Quand faut-il éviter d’appeler les domaines viticoles ?

Pendant les vendanges, de la fin août à octobre selon les régions, et pendant les congés d’été. De novembre à février, le vigneron est au domaine, entre le chai et la taille, et prend plus facilement le temps d’un échange.

Vaut-il mieux viser un domaine ou une cave coopérative ?

Cela dépend de l’offre. Un domaine décide vite, sur un petit périmètre. Une coopérative achète des projets plus lourds, avec un directeur qui instruit le dossier et un conseil d’administration qui valide. Les deux justifient des fichiers et des argumentaires séparés.

Les châteaux détenus par des groupes sont-ils une cible ?

Rarement au niveau du domaine. Les achats y suivent les règles du groupe ou de l’investisseur propriétaire ; le bon interlocuteur est au siège, avec un cycle de vente de grand compte.

Combien de temps dure un cycle de vente dans la viticulture ?

Quelques semaines pour un domaine, quand l’achat tient dans son budget courant et tombe hors saison. Plusieurs mois pour une coopérative, dont les investissements passent en conseil d’administration, souvent au rythme de l’exercice comptable et de l’assemblée générale.

Le portable d’un vigneron peut-il être appelé ?

Oui, quand il est publié pour l’activité du domaine, ce qui est fréquent. Un exploitant qui demande à ne plus être appelé sort du fichier, et sa demande vaut pour toute la campagne.

Trente minutes pour savoir si ce marché décroche pour vous.

Vous me dites ce que vous vendez et à qui. Je vous dis si le téléphone tient sur ce marché, et avec quelle formule.

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